Je choisis un itinéraire précis qui me fait partir de la ville de Tanger au Maroc jusqu’à Jérusalem en Israël/Palestine. Cette route n’est pas choisie au hasard, Tanger étant la ville la plus proche d’Europe – elle se trouve à seulement quinze kilomètres de l’Espagne – et Jérusalem, berceau des religions, est une ville prise au sein d’un conflit depuis plus de 70 ans.

Ce qui m’intéresse dans ces pays et ces sociétés, c’est qu’il s’agit de « pays jeunes », tout est à construire et la société est en mouvement constant. C’est un volcan en fusion, prêt à s’embraser à tout moment, de par des situations sociales et politiques souvent complexes.

MON PROJET S’ARTICULE AUTOUR DE TROIS POINTS :

Regard artistique : Il s’agit de savoir comment les artistes de théâtre locaux s’emparent de leur histoire contemporaine (post-colonialisme, printemps arabes), des tabous et des sujets de société (le radicalisme religieux, le rapport homme-femme, les envies de migration), ou encore de comprendre comment peut-on survivre aux tensions permanentes et à l’enfermement (conflit israélo-palestinien).

Regard sur l’actualité : La Méditerranée est dans nos esprits et au cœur de nos préoccupations. Je rencontre au fil de mon voyage ces jeunes qui souhaitent à tout prix quitter leur continent et aller vivre en Europe, quitte à mourir en mer. Nous, qui de l’autre côté de cette mer avons l’habitude d’entendre parler de « migrants », avons oublié qu’ils étaient avant tout des hommes, des femmes, des enfants… fuyant misères, guerres et pauvreté.

Regard sur les religions : Je souhaite en savoir un peu plus sur ce rapport à l’Islam, comment cela construit la société et dicte des lois. Il s’agit de saisir une réalité, une culture autre, et de parler à des croyants animés par autre chose qu’une pensée dogmatique. Mon voyage m’offre la possibilité d’observer l’Islam au cœur même de la structure sociale, mais d’appréhender aussi le judaïsme et de rencontrer les chrétiens d’Orient.