Du hip-hop, de la peinture, du théâtre, c’est ce que propose le centre LES ÉTOILES aux jeunes d’une des zones les plus pauvres du Maroc.

Sidi Moumen, c’est ce bidonville aux portes de Casablanca, la plus grande ville et capitale économique du pays. Elle a d’ailleurs perdu tout son charme, celui qu’on imagine ressembler au film avec Ingrid Bergman et Humphrey Bogard. Aujourd’hui la ville abrite surtout des banques, des bureaux, on y fait de l’argent. Et comme dans tout endroit où il y a beaucoup d’argent, il y a tout près des lieux où il en manque beaucoup. Enfin, lorsque l’espoir est petit, certains se raccrochent à ce qu’ils peuvent et parfois, c’est la religion.

Le 16 mai 2003, Sidi Moumen a connu plusieurs attentats kamikazes perpétrés par des jeunes du quartier. Il y a eu une quarantaine de morts et cela reste un souvenir lourd pour la ville. Ils menaient là une vie chaotique faite de violence, de drogue et de chômage, jusqu’à ce qu’ils soient recrutés par des islamistes radicaux. Comment résister quand on leur promet que le paradis est à la porte ?

La volonté de la fondation Alizaoua, créée en 2009 par les réalisateurs et écrivains Nabil Ayouch et Mahi Binebine, a été d’apporter dans un endroit défavorisé un accès à la culture.

Le centre tire justement son nom du roman éponyme de Mahi Binebine, traitant justement de l’attentat survenu en 2003. Il accueille les jeunes des environs et leur permet de participer à des activités artistiques à des prix symboliques, voire gratuits. Mais son emplacement est aussi pensé pour faire venir les habitants d’autres quartiers de Casablanca qui n’auraient pas eu l’idée de mettre un pied ici. Il s’agissait en effet de reconnecter Sidi Moumen à la grande métropole. Le centre est ouvert 24h/24 et 7j/7. On y fait de la musique, du théâtre, de la danse, de l’art plastique, il y aussi des cours d’anglais et des cours de français dispensés gratuitement, ainsi qu’une médiathèque bien remplie. C’est également un espace de diffusion où les talents du quartier ont la possibilité de se produire dans un cadre professionnel.

Tout cela fonctionne grâce à divers mécénats et aux dons de l’alliance américaine et de l’institut français.
Les Étoiles de Sidi Moumen compte environ 900 inscrits et vient d’ouvrir un centre à Tanger, Les Étoiles du Détroit.

« Parfois, je me dis que l’incapacité à intervenir pour changer les choses est peut-être l’enfer lui-même… »

Les étoiles de Sidi Moumen – Mahi Binebine

Le site de la fondation : http://fondationalizaoua.org/wp/fr/

Le livre : https://www.babelio.com/livres/Binebine-Les-etoiles-de-Sidi-Moumen/153018